La consommation des ménages en France

La consommation des ménages en France

Depuis cinquante ans, la consommation des ménages a connu de véritables bouleversements. Le volume des biens a fortement progressé, les postes de consommation se sont déplacés et les modes d’approvisionnement ont considérablement changé.

 

Il semble aussi qu’aujourd’hui, s’appuyant sur les nouvelles aspirations des consommateurs, d’autres évolutions soient à attendre.

Depuis les années 1960, la consommation des ménages français a été multipliée par plus de 3. Au cœur de cette dynamique, les volumes de biens échangés sont même plus importants encore (sur le seul exemple des voitures particulières, c’est une multiplication par 6 qui est observée, de 5 millions à plus de 30 millions aujourd’hui). Les impacts environnementaux sont de plus en plus lourds, mais d’autant moins visibles qu’une large partie est « délocalisée » à travers les importations. Les évolutions des différents postes donnent aussi à voir les changements des modes de consommation : de l’alimentation et l’habillement, qui ont baissé au profit des communications et de la santé, qui ont eux-mêmes le plus augmenté depuis 1960, en passant par les logements, les transports et les loisirs, la reconfiguration est très importante.

Entre saturation et nouvelles dynamiques

Plusieurs biens semblent atteindre une certaine saturation. Ainsi, depuis les années 1990, réfrigérateur, lave-linge et téléviseur constituent le « lot commun » de plus de 90 % des ménages. La voiture est très répandue (plus de 80 % des ménages en possèdent une en province – et moins de 40 % à Paris, mais pour des raisons évidentes d’espace).

À côté du ralentissement de la consommation de ces biens d’équipement « historiques », la baisse des prix des biens et les innovations technologiques ont favorisé la diffusion de nouveaux produits et le multi-équipement dans les foyers. Les appareils multimédias (avec le développement d’Internet) et les nomades (MP3, ordinateurs portables, smartphone…) ont pris le relais avec un essor considérable. D’autres dynamiques de consommation émergent autour des nouvelles techniques de l’information et de la communication (NTIC), avec des taux de renouvellement plus rapides que tout ce que l’on a pu connaître jusqu’ici, et des enjeux importants en matière de déchets et de consommation électrique.

De nouvelles pratiques de consommation

La crise économique a contracté les revenus, fait apparaître des aspirations autour de l’environnement et de la santé et fait émerger de nouvelles formes d’échanges : économie de la fonctionnalité, économie collaborative, économie du partage… Porteuses d’espoir pour la réduction des impacts environnementaux et le changement des modes de consommation (moins de propriété, plus de services et partage), ces nouvelles pratiques doivent toutefois être appréhendées et étudiées afin de voir dans quelle mesure elles tiennent leurs promesses et ne concourent pas un peu plus à l’hyperconsommation.

Des travaux basés sur l’enquête Budget des familles de l’INSEE, sur les enquêtes « Conditions de vie et aspirations » et « Consommation » du CREDOC ainsi que sur des entretiens qualitatifs menés auprès d’une vingtaine de personnes autour de leurs pratiques de consommation ont permis la rédaction d’un rapport (Nov 2015) « Usages partagés comme alternatives à la possession exclusive » qui présente une analyse des représentations et des comportements des consommateurs en termes d’usages partagés (location, réemploi, troc et don). En soulignant la distinction entre les aspirations et les pratiques réelles, il tente de cerner les motivations et les freins aux usages partagés, dans le but d’identifier des leviers d’actions et de formuler des recommandations pour les pouvoirs publics.

Quelques mots de définition

Selon l’INSEE, « la consommation correspond à l’ensemble des dépenses d’un ménage dont sont exclues les dépenses d’investissements ». La nomenclature utilisée est celle, internationale, des fonctions de consommation, dite COICOP-HBS (Classification Of Individual Consumption by Purpose adapted for the Household Budget Surveys).

Cette dernière, également utilisée par l’indice des prix à la consommation, se décompose en 12 grands postes de dépenses :

  1. Produits alimentaires et boissons non alcoolisées ;
  2. Boissons alcoolisées, tabacs et stupéfiants ;
  3. Articles d’habillement et chaussures ;
  4. Logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles ;
  5. Ameublement, équipement ménager et entretien courant de la maison ;
  6. Services médicaux et de santé ;
  7. Transports ;
  8. Communications ;
  9. Loisirs et culture ;
  10. Enseignement ;
  11. Hôtels, restaurants, cafés ;
  12. Autres biens et services.

Article original sur le site de l’ADEME : https://www.ademe.fr/expertises/consommer-autrement/quoi-parle-t/consommation-menages-france

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