Pour une Consommation Raisonnée et Durable

Bienvenue sur le site de CRD. Retrouvez ici toute l'actualité de l'association ainsi que les ressources ouvertes et collaboratives réutilisables localement. Bonne navigation !

Notre objectif

Sensibiliser et informer sur les questions de consommation durable en mettant la santé des individus au coeur des débats

Des ressources adaptées

CRD propose des ressources adaptées au grand public aussi bien qu'aux formateurs soucieux de mettre à disposition les derniers résultats scientifiques sur la question du lien entre consommation durable et santé. Pour cela CRD dispose d'un réseau d'experts issus du monde de la recherche qui opèrent un premier niveau de transposition du savoir scientifique brut vers les ressources finales en direction du grand public.

Initiatives

La mise en réseau des initiatives locales et nationales permet de transposer et de capitaliser les bonnes pratiques dans un cadre de partage ouvert et disponible.

Travail de terrain

Les citoyens doivent pouvoir bénéficier d'une information indépendante sur les enjeux de la consommation et l'impact éventuel sur leur santé et l'environnement. Pour cela rien ne vaut le contact de terrain. CRD met en place des formations au sein des collectifs d'habitants, des associations, des groupes scolaires et de tout collectif d'individus désireux de faire avancer concrètement ces problématiques

Nos partenaires

CRD est une organisation à but non lucratif. L'essentiel de ses actions ont vocation à être subventionnées par les institutions publiques et les cotisations et dons de ses membres. Le mécénat d'entreprise est conditionné à la stricte indépendance et à la liberté des initiatives de l'association et de ses membres.

Le mot de la présidente

Économiste, citoyenne engagée et fondatrice de CRD, Ola Hanafi nous parle de son cheminement.

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Très tôt en parallèle avec mes études d'Économie de l'environnement, j'ai pris conscience des enjeux de santé publique liés à la consommation alimentaire en particulier. Avec une impression, celle que les questions de santé d'une part et d'environnement d'autre part sont rarement mises en dialectique par les mêmes acteurs qu'ils soient publics et privés. En partant de mon expérience personnelle sur la question de la consommation de sucre je me suis intéressée à la vulgarisation des résultats de la recherche médicale sur les questions de nutrition ainsi qu'aux liens entre consommation des citoyens et impact environnemental et sanitaire. Il n'est plus à démontrer que le comportement des consommateurs a un pouvoir déterminant dans les choix industriels à court et moyen terme (on le voit avec l'agriculture biologique) avec des conséquences difficiles à appréhender sur le plan de la santé. C'est donc en toute logique que j'ai proposé avec mon cercle de proches collaborateurs de créer un espace de réflexion et de conseil capable d'éclairer les consommateurs sur ces problématiques.

Ola Hanafi - Présidente - Fondatrice de CRD

Dernières nouvelles

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Vaut-il mieux manger ou boire des fruits ?

Vaut-il mieux manger ou boire des fruits ?

Riches en fibres et vitamines mais aussi en fructose, les fruits sont de véritables atouts pour une bonne nutrition, à condition de bien les consommer…

Consommés lors d’un petit-déjeuner sur le pouce, une petite soif ou un en-cas rapide, les jus de fruit sont tendance. De nombreuses marques les proposent sous forme de smoothie, sans sucre ajouté, bio ou 100 % naturels… Et pourtant, les penser aussi sains et sucrés qu’un fruit est une erreur!

Les jus de fruits industriels tout d’abord. La plupart d’entre eux se présentent sans pulpe, avec moins de fibres et chargés de conservateurs. Les précieux nutriments et antioxydants trouvés dans la peau ou les pépins disparaissent. Mais même les «bons» jus ne le sont pas tant que cela: «Boire, plutôt que manger, consommer un aliment mou sans effort de mastication est une situation nutritionnelle qui s’est malheureusement généralisée. Historiquement, les produits étaient durs, avec notamment beaucoup de racines. Ne pas mastiquer suffisamment induit des signaux de satiété qui ne sont pas du tout les mêmes»,explique le Dr Laurent Chevallier, médecin nutritionniste au CHRU de Montpellier.

Mâcher, mastiquer et broyer en bouche des aliments solides est la première étape de la digestion. Une phase essentielle pour optimiser les sécrétions digestives, broyer les fibres en les rendant digestibles. C’est aussi un moment clé qui vise à «renseigner les pupilles gustatives, puis le cerveau, sur le fait qu’un produit sucré est entré en bouche», explique le Dr Arnaud Cocaul, médecin nutritionniste à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Le risque de boire un jus de fruit, ou tout autre aliment liquide, est dedépasser la dose de sucre et «d’ingérer un apport calorique non négligeable qui n’a pas été intégré dans la ration alimentaire puisque le cerveau n’en a pas eu conscience». Boire un jus de fruit accélère la destruction mécanique et entame la prédigestion du produit.

« Cela contribue à transformer les sucres à absorption lente en sucres rapides. Il faut vraiment l’éviter »

Le Pr Jean-Jacques Altman, endocrinologue et chef du service de diabétologie de l’Hôpital européen Georges Pompidou, à Paris.

Autre problème, le risque de stockage du fructose – le sucre contenu dans les fruits – au niveau du foie. «Schématiquement, la boisson apporte une dose massive de fructose qui n’est pas absorbé progressivement et métabolisé dans la cellule hépatique comme cela l’est pour le fruit. Résultat, ce fructose va se stocker en gras dans le foie et favoriser la stéatose hépatique», précise le Dr Chevallier. D’autant plus que la concentration en sucre des jus industriels est extrêmement forte. Il faut compter en moyenne 10 g de sucre pour 100 ml, soit l’équivalent de 4 morceaux de sucre pour un verre, autant qu’une canette de soda.

Par ailleurs, mieux vaut ne pas consommer de jus en dehors d’un repas. «L’effet du jus de fruit est moins dangereux en mangeant et en absorbant des fibres en même temps», insiste le Pr Altman. Si l’on tient à un jus, on peut presser soi-même son orange ou, à défaut, utiliser un jus de fruit industriel, mais le diluer fortement dans de l’eau. «L’idéal est d’utiliser un tiers de jus de fruit et deux tiers d’eau», conseille le Dr Chevallier.

Le meilleur choix santé? Garder les fruits au quotidien et réserver les jus aux occasions spéciales, lors d’apéritifs ou aux grandes soifs!

Article original : http://sante.lefigaro.fr/article/vaut-il-mieux-manger-ou-boire-des-fruits-/

Peut-on compter sur la grande distribution pour « bien manger »?

Vers une transition alimentaire? Cette semaine sur France Culture une excellente émission qui met en perspective politiques publiques, grande distribution et enjeux sanitaires de l’agroalimentaire. Sont notamment abordés la question de l’étiquetage nutritionnel, celui des prix des aliments et des contraintes économiques.

« Mieux manger » : c’est le nouveau mantra de l’industrie agro-alimentaire et de la grande distribution. Les publicités du moment sont éloquentes en la matière mais peut-on compter sur la grande distribution pour « bien manger » ?

Peut-on compter sur la grande distribution pour "bien manger"?
Peut-on compter sur la grande distribution pour « bien manger »? Crédits : Chaloemphon Wanitcharoentham / EyeEmGetty

Vous les avez déjà croisés au supermarché. D’une main, ils tiennent leur caddie, de l’autre leur téléphone, en mode « selfie ». Sauf que ces consommateurs-là ne se prennent pas en photo. Ils scannent les étiquettes.

Depuis quelques mois, les applications d’aide à l’achat de produits alimentaires connaissent un véritable boom. La plus connue d’entre elles, Yuka, vous renseigne sur la quantité de sucre, de sel, la présence d’additifs, le nombre de calories Des renseignements précieux pour qui entend « mieux manger ».

« Mieux manger » : c’est le nouveau mantra de l’industrie agro-alimentaire et de la grande distribution. Les publicités du moment sont éloquentes en la matière : les grandes enseignes communiquent désormais moins sur les prix que sur la qualité des produits. L’une d’entre elles, le groupe Système U, vient d’ailleurs de lancer sa propre application.

Cette nouvelle approche est évidemment liée à l’existence d’un marché porteur. Mais elle témoigne peut-être aussi d’une plus large prise de conscience, de la part d’un secteur considéré comme étant un des principaux responsables de ce qu’on appelle la « malbouffe ».

Source : https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-a-moudre/du-grain-a-moudre-du-mardi-02-octobre-2018?utm_medium=Social&utm_source=Facebook#Echobox=1538574582

Consommation durable: un rapport dénonce le marché des certifications

Source LE FIGARO : https://bit.ly/2rsdHfx

Des zones de concession de la plus grande société d’huile de palme, en Indonésie, le 6 juillet 2010. ROMEO GACAD/AFP

Selon un rapport de la fondation Changing Markets, les systèmes de certification nuisent à l’environnement et trompent les consommateurs.

La certification contribue-t-elle à protéger l’environnement? La réponse est «non», si l’on en croit la conclusion d’un récent rapport de la fondation Changing Markets. Cette ONG a cherché à savoir si les systèmes de certification volontaires (écolabels de produits, labels d’impact sur l’environnement…) orientaient correctement les consommateurs vers des produits durables, et ce dans trois domaines confrontés à de graves problèmes environnementaux: l’huile de palme, les produits de la mer et le textile.

Selon ce rapport, de nombreux systèmes de certification, censés aider les consommateurs à prendre des décisions bénéfiques pour l’environnement, font en réalité obstacle à l’instauration d’un monde plus durable. Changing Markets estime notamment que le déferlement de systèmes de certification crée de la confusion chez les consommateurs et constitue une couverture pour des entreprises qui détruisent l’environnement. «Les systèmes de certification nuisent à l’environnement et trompent des consommateurs qui souhaitent de plus en plus opérer des choix éthiques et durables. Il est temps de repenser avec sérieux la façon dont nous tentons d’atteindre la durabilité, parce que notre système actuel ne fonctionne plus», explique ainsi Nusa Urbancic, directrice des campagnes de Changing Markets. Voici les constats de Changing Markets pour les différents secteurs étudiés:

• L’huile de palme

D’après Changing Markets, l’huile de palme est présente dans la moitié des produits vendus en supermarché. Pourtant, sa production est l’un des principaux facteurs de déforestation, d’émissions de gaz à effet de serre, de feux de forêts et de perte des habitats où vivent des espèces menacées telles que les orangs-outans, les éléphants ou les rhinocéros.

Le rapport indique qu’aucun des systèmes de certification – pas même le RSPO qui certifie près de 19% de la production mondiale d’huile de palme – n’a contribué à ralentir la déforestation ou la perte de biodiversité. «La traçabilité constitue un problème majeur: il a ainsi été observé que de l’huile de palme illégale peut même se retrouver dans des produits certifiés», précise Changing Markets.

• La pêche

Changing Markets explique également que «la pêche industrielle a décimé l’océan» et que «près de 90% des stocks de poissons dans le monde sont pleinement exploités ou surexploités». Selon la fondation, 14% de la production mondiale de poissons et fruits de mer a été certifiée en 2015, contre seulement 0,5% dix ans plus tôt.

En 2015, deux des principaux systèmes de certification de pêche durable, dirigés par Friends of the Sea et par le Marine Stewardship Council (MSC), ont certifié plus de 9 millions de tonnes de poissons chacun. Or le rapport montre que ces deux organisations ont certifié des pêcheries surexploitées, qui présentent de très forts taux de prises accessoires ou qui, dans certains cas, sont contraires à la législation du pays concerné. La demande exponentielle en produits de la pêche durable et le désir d’y répondre menacent la crédibilité du MSC parce que la pêche réellement durable est insuffisante pour répondre à la demande, estime le rapport. Selon Changing Markets, McDonald’s a par exemple pu contrer les critiques quant à la durabilité du hoki vendu dans ses restaurants en arguant qu’il s’agit de poisson certifié MSC, et ce en dépit des nombreuses objections qui se sont élevées contre cette certification, étant donné que cette pêche présente un fort taux de rejets et a recours au chalutage.

• Le textile

L’industrie textile utilise actuellement un quart des produits chimiques produits dans le monde et est responsable de 20% de la pollution industrielle de l’eau, ce qui en fait la deuxième plus grande pollueuse d’eau douce de la planète. Le rapport de Changing Markets conclut que, malgré la prolifération des initiatives de certification (plus de 100 systèmes de certification volontaire et labels écologiques pour le textile), il n’existe pas de système global qui permette de contribuer efficacement à la durabilité de toute la chaîne d’approvisionnement et qu’il y a un manque cruel de transparence dans certains des systèmes les plus largement utilisés.

Ainsi, selon Changing Markets, l’écolabel européen est identifié comme un des meilleurs systèmes, parce qu’il couvre différents types de textiles et emploie une approche basée sur le cycle de vie. Toutefois, lorsque les chercheurs ont examiné dans le détail ses normes pour les fibres de viscose, il leur est apparu que cet écolabel ne couvrait pas les indicateurs de pollution de l’eau pendant la phase de fabrication. D’autre part, selon le rapport, le label Better Cotton Initiative (BCI) est l’un des plus mauvais systèmes de certification et pourrait avoir entravé l’essor du coton biologique. «La tolérance de BCI à l’égard des pesticides et des OGM a conduit plusieurs agriculteurs à passer du coton biologique au coton génétiquement modifié», détaille le rapport.

Que propose le rapport de Changing Markets?

Concrètement, Changing Markets demande l’abolition des systèmes de certification les plus mauvais dans ces trois secteurs et la réforme en profondeur des autres sur la base des principes de transparence, d’indépendance, d’approche globale et d’améliorations continues. Le rapport prévient également que les systèmes de certification volontaires ne devraient pas se substituer à des réglementations nationales ou internationales strictes.

D’après Changing Markets, «en l’absence de systèmes de certification fiables, les gouvernements, les entreprises et les consommateurs peuvent prendre des mesures pour améliorer la durabilité». L’ONG recommande notamment de donner la priorité aux petites pêcheries durables, créer et faire respecter des réserves marines et des quotas de pêche fondés sur les données scientifiques, introduire un moratoire sur la déforestation et le drainage des tourbières dans le secteur de l’huile de palme et adopter des politiques de pollution zéro ainsi qu’une meilleure transparence dans la chaîne d’approvisionnement du secteur textile, par exemple en appliquant une législation appropriée.


Quelques chiffres sur le développement durable en France

Changing Markets cite par ailleurs un certain nombre de chiffres qui permettent d’appréhender la consommation durable dans l’Hexagone. En 2015, 52% des ménages français ont déclaré avoir acheté un ou plusieurs produits labellisés (label écologique) et, par ailleurs, 42% des consommateurs français déclarent qu’ils regardent les étiquettes au moment d’acheter des produits. De plus, en 2016, la France était l’État membre de l’UE qui avait reçu le plus grand nombre de certificats «Ecolabel européen»: 3745 produits et services français avaient obtenu le label écologique de l’UE en mars 2016. Au total, le marché français des produits équitables a progressé de 42,8% en 2016 par rapport à 2015, tous secteurs confondus, et s’élève actuellement à près de 1 milliard d’euros .

Dans le détail des secteurs, le marché français du coton «éthique» a diminué de 32% en 2017 (par rapport à 2015). Concernant la pêche, le nombre de produits portant le label MSC dans l’Hexagone a augmenté de 35% entre 2016 et 2017. En 2017, 1774 produits portaient le label MSC, contre 1318 en 2016. En France, le Marine Stewardship Council (MSC) compte 9 pêcheries (sur un total de 312 dans le monde).

Enfin, à propos de l’huile de palme, les Amis de la Terre estiment que la consommation totale par habitant en France est de 13 kilogrammes par an. Plus de 13% des aliments vendus dans les supermarchés contiennent de l’huile de palme. Celle-ci est présente dans 50% des produits contenant du chocolat et 90% des produits à tartiner (comme le Nutella).